Petit addendum à un article que j'avais publié récemment.
En retombant sur quelques documents plus ou moins anciens sur ce sujet (les OGM), je suis retombé sur le classique rapport de l'AFSSA et sur le non moins intéressant rapport du Sénat français sur la Mission d'information sur les enjeux économiques et environnementaux des organismes génétiquement modifiés . Quelque chose en effet me trottait en tête suite à un je ne sais quoi d'actualité...
Bon sang, mais c'est bien sûr (je me répète, je le sais) ! Dans le rapport du Sénat, je retrouve cette perle : "M. Bruno Rebelle, Directeur de Greenpeace France, a déclaré lors du débat sur les essais au champ des 4 et 5 février 2002 : « Pour ma part, je n'ai pas de crainte (...) Nous n'avons pas peur des OGM. Nous sommes seulement convaincus qu'il s'agit d'une mauvaise solution. Les OGM sont peut-être une merveilleuse solution pour un certain type de société. Mais justement, c'est de ce projet de société que nous ne voulons pas". On peut difficilement mieux avouer le caractère idéologique de cette opposition ! On objectera que Greenpeace et les autres ne font pas mystère de cet aspect idéologique, mais on sait bien qu'elle est adressée aux militants bovéeux et autres ; pour ce qui est du grand public, il s'agit avant tout de faire PEUR : frankenfoods...
On n'a pas souvent l'occasion de voir des films de David Lynch - pour mémoire, il en a tourné une dizaine en trente ans. Mais à peu près chaque fois on en sort retourné (sauf pour Dune qui était totalement raté, DL n'ayant pas la fibre de l'Heroic Fantasy), et INLAND EMPIRE ne fait que le confirmer.
A la différence de Mulholland Drive - dont on pouvait reconstruire la trame et recréer le cauchemar d'une agonisante - peu d'éléments se laissent appréhender aussi "facilement" ici - c'est le long cauchemar d'un spectateur, inspiré par Lynch démiurge. Oui, bien sûr, on assiste à un temps circulaire et des 9h45 qui reviennent, oui, sans doute, l'histoire (?) ou une partie se déroule dans un flash entre les paroles de Zabriskie, oui, évidemment, axxonn est ce signe habituel à Lynch, purement accidentel mais qui prend une valeur lourde grâce au réalisateur. Comment fait-il pour faire comprendre au spectateur que la scène du bruit de plateau à 9h45 est capitale - enfin, non, pas capitale, disons seulement à coulisses et à ressort ?
C'est un film qu'il faut voir plusieurs fois, comme ses autres ; ou ne pas le voir du tout, je comprends bien, car s'il est superbe et, littéralement, prodigieux, il est aussi prodigieusement malsain et déplaisant, mais il ne fallait pas le voir pour s'en douter !
C'est là qu'on voit tout de même ce qui sépare Lynch de Haneke...
J'entendais tout récemment un porte-parole d'Inter Environnement foudroyer les partisans du nucléaire avec l'argument suivant - fort pertinent, par ailleurs :- l'électricité consommée en Belgique (l'industrielle et celle des ménages) représente environ 24% de l'énergie totale consommée en terme de rejets CO2
- si on réduisait cette consommation de 50% (impossible évidemment de l'annuler totalement), on n'arriverait qu'à une réduction totaled'environ 10%
- 10% c'est très peu, donc on peut faire beaucoup mieux dans d'autres domaines
- CQFD.
Plaisanterie ? Sans doute pas. Mauvaise foi ? Hélas, probablement pas non plus. Alors, quelques réflexions :
- 10%, c'est sans intérêt ? Ah bon, alors qu'on nous dit que chaque goutte compte et qu'on nous exhorte à éteindre tous les stand-by des appareils électriques, ce qui compte pour moins d'UN pour-cent de notre consommation ! Très bon conseil, je l'admets, mais qui ne vaut sans doute que pour une partie de ce qu'on peut faire : coupez tous les chargeurs de GSM et de téléphones portables pour voir... Et le thermostat du chauffage central, il suffira de vous lever demain matin (éteignez aussi le radio-réveil !) à 6 heures pour remettre le chauffage en marche
- s'il n'y avait plus de nucléaire, la production d'électricité augmenterait d'environ 50%, pour passer à au moins 35% de la production totale. On arrive déjà à plus de 20% d'augmentation de rejets équivalents CO2... Pas vraiment avantageux !
- et, bien sûr, on peut faire beaucoup dans d'autres domaines, et également dans la production d'électricité - mais c'est moins simple que certains veulent le dire.
Mais enfin, quelqu’un pourrait-il m’expliquer ce qu’est ce “principe de précaution” ? Si ça veut dire “mieux vaut prévenir que guérir”, c’est un lieu commun fatigué, homily truth qui sent sa sagesse de grand’mère du type “je n’ai pas les moyens d’acheter des vêtements bon marché” etc. Et si ça veut dire qu’il faut s’abstenir de toute nouveauté sans avoir prouvé idéologiquement, politiquement, sociologiquement, Rawlsiennement et - de manière accessoire - scientifiquement qu’il n’y aura pas le moindre risque à l’introduire, alors on se dirige droit vers le “back to the trees !” de l’Oncle Vania. Ce n’est certainement pas le type de monde que je désire léguer à MES enfants, un monde de pleutres et de pleurnichards.
...pourrait faire un monde de différence. En effet, la cellulose (rien d'autre qu'un très long polymère de glucose, pour faire simple) est extraordinairement abondante, ne requiert presque rien comme arrosage ou fumure et que ce qui reste des plantes après qu'on l'en ait extraite - la lignine - est un excellent combustible ; la merveille, donc ! Le hic, c'est qu'elle est très stable et qu'il faut pour la digérer des enzymes qui ne se trouvent pas facilement...
Alors, quoi ? Ben, il faut de l'engineering génétique, tant pour bricoler des espèces extrémophiles, ou en tous cas capables de pousser sur des espaces peu fertiles, que pour fabriquer des enzymes et des levures qui feront leur travail de conversion en éthanol. Certaines estimations optimistes du DOE des USA annoncent la possibilité de couvrir 30% des besoins US en carburant d'ici à 2030. Mouais - j'ai déjà vu ce genre de hype, mais enfin, les possibilités sont là - et plus précisément ici ; à prendre évidemment avec le grain de sel proverbial !
A toute chose, "bio" ou "eco" sont bons - ça accroche, ça fait vendre, ça rassure. Ainsi en est-il des "biocarburants" ou du "bioéthanol".
"Terminologie, mon beau souci" avais-je dit en son temps, et voilà que ça me reprend : passe encore pour biocarburant, mais tout juste, puisqu'il est plus que probable que le pétrole a une origine biologique (consultez tout de même les mânes de Thomas Gold à ce sujet). Mais "bioéthanol" ! Depuis quand fabrique-t-on de l'alcool avec du pétrole ? Tchah !
Quoi qu'il en soit, certains enthousiastes (souvent quelque peu intéressés, mais c'est humain, ça...) nous dépeignent l'avenir radieux où nos automobiles rouleront sans l'aide du pétrole, mais en consommant tout simplement de la bonne gnôle bien de chez nous ; un peu comme au Brésil, quoi.
Hélas, nous ne sommes ni chez Peter Pan, ni au Brésil - pas celui, en tous cas, du miracle permanent et de la vie rêvée. Le vrai Brésil, lui, a peu de voitures, beaucoup de canne à sucre et énormément d'espace ; et des politiciens qui n'ont pas froid aux yeux et qui sont parfois prêts à sacrifier quelques milliers d'hectares de forêt amazonienne pour se faire une petite plantation ; les automobilistes, après tout, ont bien la priorité sur les Guaranis, non ?
Dans nos pays, par contre, nous devons nous rabattre sur d'autres récoltes, le maïs aux USA et les betteraves sucrières dans notre vieille Europe, avec des rendements nettement moindres. Ou le blé. Mais ça fait grincer les dents de cultiver du blé à tire-larigaud pour faire rouler Germaine alors qu'il y a des petits ... (quand j'étais jeune, c'était Chinois, puis il y a eu Biafrais, maintenant vous y mettez ce que vous voulez) qui meurent de faim ; bien sûr, ça n'a pas vraiment de rapport, mais c'est suffisant pour faire enrager Lester Brown.
Malheureusement, il n'est pas du tout certain que le rendement en terme d'équivalents CO2 soit avantageux : il faut planter, arroser, engraisser, traiter, digérer, distiller, transporter - et tout ça consomme de l'énergie, beaucoup d'énergie. C'est le sucre qui est le plus facile à traiter, malheureusement sa production demande énormément d'eau, avec tout ce que ça suppose : ponction dans les nappes phréatiques et salinisation des terrains lessivés - et puis, de toutes façons, il n'y a tout simplement pas la place : dans les conditions actuelles, on estime qu'il faudrait 30% des terres agricoles aux USA pour produire assez d'éthanol pour remplacer 10% de l'essence consommée dans les transports.
Le biodiesel (pas plus joli comme néologisme, mais tant pis) aurait-il plus d'avenir, puisque justement, ce moteur avait été conçu à l'origine pour fonctionner sur un peu n'importe quel résidu huileux ? Alors, chaque fois qu'on change l'huile de la friteuse, on peut faire une balade ? Non, mieux vaut l'huile de palme, mais là, c'est la fin des orang-outans ! (parce qu'ils vivent dans la jungle de Borneo, partiellement convertie en plantation de palmier à huile).
Il faut bien voir l'ordre de grandeur du problème : on consomme mondialement nettement plus de mille milliards de litres d'essence et presque autant de diesel. Mille milliards de litres, c'est un milliard de mètres cubes - c'est beaucoup.
Alors, pas de solution ? Peut-être bien que si, mais elle n'est pas pour faire plaisir à tout le monde...
(à suivre)
Ainsi donc, Mme Simonet avait été au bout de ses exigences pour empêcher une ruée des étudiants français vers les écoles belges ; ces étudiants faisaient donc les frais d'un système scolaire (français) parfaitement achaïque et schizophrène. Et, en bonne logique, Mme Simonet - et toute la Communauté française de Belgique avec elle - avait estimé que le contribuable belge-cfwb n'avait pas à remplacer le voisin défaillant.Dans le petit monde de gauche (modérée ou extrême), les réactions étaient assez mitigées ; oui du bout des lèvres d'un côté, mais pour éviter le dumping scolaire - non franc et massif de l'autre, car il faut éviter le dumping scolaire... Et tous se retrouvent pour condamner Bologne, bien entendu.Mais voilà, les traités ont été signés et pacta sunt servanda. La Belgique a déjà été condamnée par la CJ des CE, et peu importe qu'elle gémisse d'être "envahie" par les étudiants étrangers - ce qui, dans certains cas, est effectivement le cas.Certains étudiants ont porté plainte, et de toute façons, la Commission ne pouvait pas ne pas être au courant. Elle a donc ouvert une procédure d'infraction contre la Belgique, qui perdra, je veux bien en prendre le pari.La frilosité de la CF de Belgique est légendaire ; ce succès des études en Belgique, même pour des raisons discutables, était une véritable aubaine. Ben non, on laisse passer, et ça retombe en partie sur d'autres filières.Ah, la Belgique ! Petite par son territoire mais grande par son héroïsme !